D'ancestraux pouvoirs dorment dans un monde merveilleux. Explorez-le, évoluez avec lui... Maîtrisez l'Angardia.
 
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 Le portail.

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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Le portail.   Jeu 24 Nov - 23:29

Devant vous se dressent deux colossaux battants d'acier terni. Des arabesques finement ciselées se profilent entre les lierres rampants et les marques laissées par les ongles de vos prédécesseurs. Impressionné par la prestance majestueuse de cette oeuvre d'orfèvre virtuose, honni par votre médiocrité d'être de vent, vous reculez de trois pas. La vie est là, à portée de voix. Mais le gouffre qui vous sépare d'elle est d'une incommensurable profondeur. L'épreuve sera rude, parviendrez-vous à franchir les portes menant vers ce monde, qui sonne comme une renaissance pour votre âme endolorie ?

Une voix ténébreuse s'échappe alors des ténèbres entourant la végétation.
- Déclinez votre identité, mécréant. Donnez-nous les raisons de votre venue. Convainquez-nous de votre bonne foi. Nous ne sommes ni idiots ni bienveillants, et votre sort pourrait bien se résumer à la poussière si vous échouez. Usez votre langue, car vos mots devront être justes. Dès lors, nous le serons.
Comme elle touchait à sa fin, la phrase disparut dans un fondu murmuré.

Saisissant votre courage et votre esprit, vous vous avancez.
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Korndor le Rôdeur
Adoubé
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MessageSujet: Re: Le portail.   Mar 29 Nov - 0:03

Faisant face aux immenses panneaux de métal, un vaillant druide prit le risque de faire trembler la ferraille de son poing hardi. Avec audace, il regarda au travers de la fente qui laissait filtrer le jour entre les battants du portail d'acier. Son oeil d'un noir impénétrable était ébloui, sa rétine rétractée par l'éclat de lumière qu'il aperçut.

- On m'appelle Corne d'Or, fils de Landebrume. Je vous viens droit des terres Celtes de Gäladrim, à l'ouest des contrées perdues, messire.

Reculant d'un pas, il fit tonner sa voix forte, son coffre résonnant comme un tambour, ses yeux levés vers les statues de marbre qui le dévisageaient du haut de la clef de voûte.

- Et personne n'eut jamais la désobligeance de me refuser l'entrée alors que je viens en ami !

*Un temps.*

- Je suis un guerrier à la force et à la dextérité assez élevées pour affronter toute sorte de danger, et ma magie druidique fut éprouvée des millénaires durant sans jamais faillir. Je la tiens de mes parents et de mes arrière-grands-parents, et s'il fallait remonter l'intégralité de mon arbre généalogique je ne saurais le faire en moins d'une vie. Messire, je peux invoquer l'aigle pour me servir d'yeux, le loup en tant que jambes hardies et l'ours comme bras puissants ! J'ai en mon être la puissance de la nature. J'ai en mon coeur la force des torrents et la croissance luxuriante de toute flore. J'ai au creux de mes mains des orbes bouillonnants d'énergie et de sève, que je saurais faire exploser à la face de mon ennemi. Je peux me transformer en oiseau comme en serpent, et ramper comme je vole. Quelle n'est pas la surprise de mes détracteurs lorsqu'ils voient soudain un loup féroce se transformer en homme ! Quelle n'est pas leur détresse quand ils constatent ma puissance avec désarroi ! Je suis l'esprit des forêts, le gardien des clairières et le protecteur de la faune. Je suis la nature incarnée.

*Un silence, puis après une hésitation il posa son genou à terre.*

-Messire, je mérite d'être de votre monde. Reconnaissez ma valeur.

*Puis il attendit.*
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Mar 29 Nov - 0:21

Dans un grincement digne du jugement dernier, les portes s'ouvrirent lentement, découvrant le monde vert de l'Angardia baignant sous deux soleils resplendissants en cette tiède saison de Fructaire de l'an I. La voix devint plus chaleureuse, et laissa échapper un doux mot de bienvenue avant de s'évanouir dans les vents. Puis la porte se referma en claquant dans un bruit métallique sourd.

Cette vision de rêve n'était pourtant que momentanée, car notre vieil ami allait au devant des ennuis...



Nouvelle âme : Corne d'Or.
Clan : Moissonneurs


Dernière édition par Le Tremblecrâne le Mar 10 Jan - 22:20, édité 2 fois
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Xerrar
Consacré
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 1 Déc - 11:33

Xerrar s’avança d'un pas prudent dans l’éblouissante contrée. Il était d'une frêle constitution, mais ne semblait nullement désorienté.
Ou se trouvait il ? Cela lui importait peu, il connaissait l'inconnu, et chérissait cette chance nouvelle.
En voyant le druide disparaître dans une gerbe de flammes et d'éclats éblouissants, ne fermant pas les yeux un seul instant, Xerrar approcha. Il faudrait qu'il passe lui aussi par cet énigmatique jugement. D'un pas fier et droit, il aperçut les géants de marbre l'épier.
Il s'adressa à eux d'une simple poésie :


-Je suis Xerrar, fils des ombres, frère de la nuit.
J'ai longtemps voyagé en ces basses terres et chaque recoin de ce bas monde est mien.
Je vous ai répondu, messire, et me voici.
Je suis chasseur de profession, je chasse les primes le soir, les bêtes au matin.
Ma dextérité est vantée dans tout le Royaume d'Angar, cité des réprouvés Elfes.
Reconnaissez vous ma valeur ? Je serais bref.
Donnez moi la possibilité d'explorer ce nouveau monde,
Donnez moi ma chance, je sortirais des ombres,
Et tuerais mes ennemis d'une flèche entre les yeux,
Ou d'un coup de hache bien heureux.
Nombres de mes qualités ne sont peut être
Que très exagérées pour un tel être,
Mais je serais à même de vous les prouver
Une fois que je serais entré.

A ces mots, le chasseur s’agenouilla et attendit, murmurant quelques prières dans le langage particulier des semi-elfes...
Qu'était il arrivé au druide ? Au moment ou cette pensée lui effleurât l’esprit, Xerrar ressentit un long frisson lui remonter l'échine. Il était trop tard pour reculer maintenant, vivre ou mourir, telle avait toujours été sa chanson...

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La Destinée
Jeteuse des Dés
Jeteuse des Dés
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 1 Déc - 12:09

Les prières et les questionnements du jeune chasseur ne durèrent que peu de temps avant que quelqu'un ne lui réponde...
Dans un brouhaha de tous les diables, dans un son saturé de métal s'entrechoquant, de cris et de sanglots, de murmures et de rires, accompagné de gerbes de flammes qui prirent tour à tour l'apparence d'ailes, puis d'oiseau, puis finalement d'une femme, La Destinée apparut...


-Salutations, voyageur du lointain, je suis la destinée, et tes paroles ont été entendues.

La Destinée s’approchât du jeune homme, lui tendit la main, et dit quelques mots en semi-elfe :

-Oublie tout ce que tu as vu jusqu'à présent, tout ce que tu as découvert et tous ceux que tu as tué. Aujourd'hui est pour toi comme une seconde naissance...

Lorsque Xerrar voulut lui prendre la main, il disparut. Il n'en était qu'au tout début de ses découvertes, et celles ci allaient se montrer dangereuses et passionnantes !

Nouvelle âme : Xerrar.
Clan : Légion des Esprits
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Isy
Apprenti
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 1 Déc - 20:09

Isy fût entendue bien avant d'être vue, tant son armure toute d'acier s'entrechoquait dans sa course effrénée vers la porte. Brave comme elle avait appris a l'être, elle releva la tête et toisa la porte sans frémir.

- Je suis Isy, paladin des plaines, à la lame plus forte que fine, et au courage aussi solide que l'armure! Je vous somme de me laisser entrer. L'ordre des paladins des plaines m'a dépêché ici en tant que leur meilleur soldat et leur représentant! Ma langue est aussi affutée que ma lame, et tranchera elle aussi ce qui se trouve sur mon passage, corne de gnou!

Pour appuyer ses paroles, elle planta son épée dans le sol

- Je suis meneuse d'hommes, jamais aucun d'eux n'osera me contredire. Ma tactique est sans faille, aussi forte que l'est mon bras! Je ne suis certes pas des plus rapide, mais ma lame fait mouche à chaque fois, et n'a de cesse de faucher des vies! La peur m'est étrangère, et le courage mon plus fidèle allié! Ceux qui ont osé me combattre ne sont plus de ce monde pour témoigner de ma victoire!

Elle marqua un temps, puis posa un genoux à terre, croisant par là même ses mains sur la garde de son épée

Que ma force et mon courage soient fait votre, pour que triomphe la justice en laquelle vous croyez!
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 1 Déc - 22:25

Le Tremblecrâne frémit à la vue de l'aura lumineux qui entourait la postulante. Les rayons luttaient fébrilement contre ses ténèbres, mais ne lâchaient jamais prise. Sondant le courage et la détermination de cet individu, il décela en elle ce qui fait la force d'un héros.

De sa langue sifflante, il ordonna :


- Lève-toi, perpétuatrice de l'ordre et de la lumière. Ta faible flammèche m'a touché, et un jour peut-être deviendra-t-elle un brasier émanant de tes yeux sans pitié. Tu pourras apprendre à percer les ténèbres et illuminer le monde, brandissant bien haut ton épée juste et fidèle. Fais grandir l'ange blanc gardien des plaines qui sommeille en toi. Son apogée sera ta gloire...
...Entre donc, valeureuse guerrière.

Sur ces mots, la lourde porte s'ouvrit lentement, dévoilant à nouveau un flot lumineux qui inonda le visage fier de la jeune combattante.


Nouvelle âme : Isy.
Clan : Combattants de l'Aube


Dernière édition par Le Tremblecrâne le Mar 10 Jan - 22:19, édité 3 fois
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Ersaishania
Écuyer
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MessageSujet: Re: Le portail.   Ven 2 Déc - 17:00

Voilà quelques lunes qu'Ersaishania errait dans cemonde, à la recherche de compagnons d'infortune pour guider ses pas.Ou plutôt guider ses doigts et son souffle. Barde de cœur, il avait choisi la musique plutôt que la route toute tracée par son père,Gaeilge le Bandit. Désavoué et banni par son clan, rejeté du conservatoire où il avait espéré apprendre quelques notes, abandonné par la troupe qu'il avait monté, Ersaishania avait entrepris de partir vers des terres propices aux pratiques ancestrales du son. Un soir alors qu'il tentait de reprendre des forces au pub du coin, il avait entendu parlé des sonneurs d'Angardia, des musiciens extraordinaires qui rendait le plus piètre manant en troubadour de génie. Ce fût à cet instant qu'il compris où trouverait-il les réponses à ses questions.
A présent, il était prêt. Il regardait les hautes portes non sans appréhension mais avait-il le choix ? Non. Il devait les passer, pour sauver le d'honneur qu'il lui restait et surtout, pour regagner l'estime de son clan.
Un pas. Deux pas et il s'arrêta. C'est alors qu'il entonna la "Complainte du Manant", ultime chance de passer derrière l'imposant bloc de métal qui lui faisait front.


-Gardien des portes, c'est à toi que je m'adresse,
Ouvre-moi ta porte et contemple mes richesses,
Moi, l'ami des luths et des flûtes,
Qui sait dompter le lion le plus hirsute,
A qui, on se plait à dire que par ma chance,
Je pâlie la moindre défaillance,
Ô Gardien des portes, c'est à toi que je m'adresse,
Moi, fils bâtard d'un sieur aux multiples maitresses,
Dont le destin semble m'accabler,
D'une guigne inégalée.

A court de rîmes et de belles palabres, le barde pris une longue pause et sortit de son sac, un vieux luth désaccordé. Il n'eut le temps de jouer deux notes que l'instrument vétuste rendit l'âme, laissant le pauvre barde sans recours que sa parole.

-Regarde-moi... Même mon équipement semble me lâcher. Qui voudrait d'un pareil incapable que je suis ? Qui ? Personne, cela ne fait aucun doute. Mais laisse-moi te dire quelque-chose, depuis que mon âme ne vit que pour la musique, je n'ai point cessé de me battre pour devenir le meilleur luthier de ce monde. Les mots me manque car je n'ai ni l'intelligence des mages ni la force des braves. Cependant, j'ai toujours eut l'âme d'un combattant et jamais, ô grand jamais, je n'ai donné raison aux mauvaises langues qui disaient que je finirais par tout laisser tomber. Derrière tes portes peut être, réside les derniers chances pour que j'atteigne mon but alors laisse-moi passer et je te montrerai de quoi je suis réellement capable.

Ersaishania, plus décidé que jamais à prendre en main sa destinée, posa son sac par terre et décida d'attendre le verdict des gardiens. Profitant de ce moment si calme, il décida de réparer son instrument sous le regard bienveillant de sa grive.
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Ven 2 Déc - 19:17

Touché par l'émouvante complainte du barde malchanceux, le Tremblecrâne poussa de l'index la porte de l'Angardia. Et comme la lumière d'une nouvelle chance commençait à filtrer à travers les battants métalliques, une douce chaleur remonta le long du corps de notre homme. Des sonorités apaisantes vrombirent dans ses tympans, qui commençaient à reprendre leur savoir à zéro, à la source des aspérités sonores du vent de l'Angardia. Tandis que l'aria se détache doucement de la basse, que les notes se déplient et forment une partition dans l'esprit du vaillant musicien, il s'avance sans s'en apercevoir, jusqu'à baigner dans la lumière.
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Kyliäh
Jeune recrue
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MessageSujet: Re: Le portail.   Lun 5 Déc - 21:02

Kyliäh sortit d'un fourré, ses cheveux soyeux ondulant dans la brise.
Elle regarda au plus profond de la pupille séchée du Tremblecrâne, et lui dit :


- Bien le bonjour, messire. Je suis Kyliäh, Faune des contrées perdues. Je me présente à vous en tant que postulante à l'entrée du monde d'Angardia. Comme toute éclaireuse talentueuse, je sais jouer de ma lame comme de mon charme et de ma furtivité, et je traverse les bois plus rapidement et avec autant de légèreté qu'une biche. J'ai dans ma sacoche de lianes plusieurs recettes de filtres apaisant les maux de mes amis, et créant le trouble et la douleur chez ceux que je combats. En mon être réside le savoir de la nature... Et sa beauté...

La jeune femme lança un regard brillant et suppliant au vieux gardien, ses 50 années de vie ne transparaissant pas à travers son corps parfait et empli de jeunesse d'être elfique. Elle s'approcha et posa un genou à terre, croisant l'autre sur le sol de manière à se relever en cas de danger, comme elle l'eut appris en ses terres sauvages où rien ne doit être laissé au hasard. Les deux mains posées sur la garde de son coutelas, elle finit son discours en ces termes :

- Mon arme et mon âme font déjà partie de votre monde.

Puis elle attendit.
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Lun 5 Déc - 22:13

Le Tremblecrâne ne bougeait plus.
Il n'était encore jamais tombé sous le charme d'une mortelle.
Hébété, il tenta de rassembler ses esprits afin de décider objectivement de son sort...
Mais il n'y parvint pas, il ne fit que mettre plus de désordre dans son crâne divin.
Abasourdi par le pouvoir d'un tel charme et d'un charisme si puissant, il entrouvrit la porte, puis se ravisa...
Il balbutia quelques syllabes.
Décidément, cette jeune elfe était très forte.

Il ouvrit la porte en grand, la couvrant de lumière tandis qu'un sourire délicat se dessinait sur le visage de la Faune.


Nouvelle âme : Kyliäh.
Clan : Moissonneurs


Dernière édition par Le Tremblecrâne le Mar 10 Jan - 22:19, édité 2 fois
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Jünko
Jeune recrue
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MessageSujet: Re: Le portail.   Lun 19 Déc - 18:41

Jünko s'avançait lentement dans ce monde immatériel. Ses foulées étaient longues, silencieuses, imperceptibles. Ce paysage si terne et si ardu imprenable à première vue ne semblait pas gêner la jeune femme, qui s'y glissait littéralement. Elle y appartenait. Il lui avait fallu quelques secondes pour se fondre dans le décor. Si par miracle un œil s'était perdu dans la contemplation de son âme, il aurait pu croire qu'elle tentait de se dissimuler parmi les ronces. Mais ce n'était pas le cas. Elle s'était simplement lancé un défi : elle luttait contre son impatience. L'excitation la tenaillait, mais elle se forçait à ralentir... Toujours plus lentement... Toujours plus silencieusement... Son cœur même semblait se taire pour respecter l'exploit de la demoiselle. Cela faisait longtemps qu'elle avait entrevu la pierre solide, ancrée dans le sol tel un arbre imposant. Pourtant, toute trace de vie semblait exécrer cette entité démesurée. L'herbe grise s'arrêtait à quelques mètres de la pierre claire, et les arbres tortueux semblaient encercler l'édifice tout en l'évitant soigneusement. Seul un lierre hargneux et qui dégageait une aura malsaine s'agrippait aux battants finement orné, comme si l'on avait brodé sa surface. Enfin, le pied de la prédatrice se posa sur cette terre sèche, sombre, sans vie. Elle était sortie indemne des ronces et des racines. Elle remarqua que la pierre claire n'était d'autre qu'un acier luisant. Et il était là, à quelques pas d'elle. Immense. Magnifique. Terrifiant. Le Portail. Elle s'avança bien en face.

- Déclinez votre identité, mécréant. Donnez-nous les raisons de votre venue. Convainquez-nous de votre bonne foi. Nous ne sommes ni idiots ni bienveillants, et votre sort pourrait bien se résumer à la poussière si vous échouez. Usez votre langue, car vos mots devront être justes. Dès lors, nous le serons.
Comme elle touchait à sa fin, la phrase disparut dans un fondu murmuré.

Une voix douce et claire s'éleva.

- Jünko. Mon nom complet m'est inconnu, oublié, peut être, et depuis longtemps. Mais vous me pardonnerez cette acte de faiblesse, j'en suis certaine. Après tout, ce n'était pas désiré, sachez-le. Je suis ici pour me saisir d'un corps matériel, et d'assouvir mes besoins de liberté. Je ne me sens pas plus emprisonnée que lorsque je ne puis pas saisir ce qu'il m'eût convenu. Je suis prête à tout pour obtenir ce que je désire. Je tuerai s'il le faut. Je détruirai ce qui vous nuit, car pour moi à celui qui me rend une enveloppe charnelle, je dois une dette infinie et ma servitude au-delà de la mort. Bien que je ne sois capable de bien peu de prouesses par la force de mes bras, ma souplesse et mon allure singulière vous raviront, je crois. Il me suffirait d'un simple outil, que je me procurerai moi même, une lame tranchante, ou une épée légère, pour sectionner l'os qui vous plaira. Je sais me faire discrète, et je pourrais me contenter du rôle d'espionne si cela vous contente. Mais on m'attribue depuis toujours l'appellation d'Assassin. Ce mot ne me plaît guère, il est brut et viril. Je préfère le titre de Celle Qui Dépossède De La Vie, ou Celle Qui Saisit L’Existence, Celle Qui Clôt L'Avenir, ou encore Celle Qui Ôte Le Souffle, voir parfois Celle Qui Fait Le Silence. Ce dernier pseudonyme m'a valu le titre de Silence, c'est naïf, mais ça me convient mieux. Ma qualité meilleure est celle du secret, et les vôtres je les enterrerai avec mon âme, je les noierai au plus profond de mes souvenir, et j'oublierai s'il le faut.

Elle posa un genou à terre, et baissa la tête, en signe de soumission.

- Je vous prie de bien vouloir m'offrir ce que je désire, je vous serais reconnaissante.
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Lun 19 Déc - 19:32

Le Tremblecrâne esquissa un sourire qui déforma sa joue desséchée.

- Mon enfant, ta personnalité me plaît. Tu as tout ce qu'il faut pour rejoindre mes rangs. Je vois dans ton esprit autant d'agilité que ton corps sait subrepticement exécuter. Soit, tu seras donc de ceux-là qui ôtent la vie. Les Moissonneurs d'Âmes, tels qu'on les nomme ici. Tu es désormais mienne, ma fille, et au plus profond de moi je sais que tu ne le regretteras pas... Notre mot d'ordre est la punition. Et nos moyens sont l'effroi et la déraison. Bienvenue parmi les tiens, Jünko...

Le Dieu ouvrit la porte, penchant sa tête osseuse pour indiquer la voie à cette nouvelle âme. Si son nouveau corps était une de ces chimère, il serait une biche, un serpent et une panthère.

Nouvelle âme : Jünko.
Clan : Moissonneurs
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Balbereith
Consacré
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MessageSujet: Re: Le portail.   Mer 18 Jan - 14:28

Elle avançait en marchant, les yeux regardant le sol, perdue dans ses pensées.

*Pourquoi ? Dans sa chute, elle a offert son âme pour me garder intègre et son corps pour que je ne disparaisse pas... Pourquoi ? Elle autrefois si puissante, surpassant de loin tous les hommes, aussi bien par son intelligence, sa beauté et sa puissance, pourquoi a-t'elle offert sa dernière existence à un dragon meurtri par tant de batailles ?... J'avais affronté les créatures les plus terribles, des armées entières, défait des Empires, pour elle. Elle qui incarnait la justice et la loi, crainte et respectée par son peuple...*

Le sol changea sous ses pieds, une vibration tendait l'air, Balbereith, autrefois incarnation de la puissance draconique sur un monde depuis longtemps déchu, leva les yeux. Une grande porte d'acier. Une douce mélopée l'attira, et elle sentit le besoin de se présenter aux portes, qui la toisaient.

- Je suis Balbereith, ancien dragon, seigneur et maître des terres, fidèle et inflexible compagnon de Sa Grâce, qui a depuis longtemps disparu. Elle, à qui j'ai offert ma toute puissance, et en retour à offert son âme et son corps pour que je puisse me tenir devant vous. Ma magie élémentaire a inspiré autrefois les plus grands mages, j'ai fait pleuvoir les flammes et la lumière sur des royaumes renégats et hérétiques ! De mon corps puissant et de ma puissante magie, il ne me reste rien, seulement mes connaissances de la magie élémentaire. Tous mes actes peuvent sembler ignoble, mais sachez que je ne regrette juste de ne pas avoir pu sauver Ma Maîtresse, trahie par les siens ! Elle refusa que j'interviennes lorsque les traîtres se présentèrent devant elle, elle qui aurait pu les balayer d'un revers de main, se résigna à céder sa place à des mortels corrompu. Vous êtes, Dieux de ce monde, mes ultimes juges ! Moi qui fut un jour le plus puissant des miens, je plie le genou devant votre omnipotence, et si je dois arpenter cette terre où je me prosterne, qu'il en soit ainsi, ce sera ma pénitence.

Le dragon, dans un corps de femme, se laissa tomber à genou, baissa la tête et ferma les yeux, attendant un signe ou quelque chose qui lui dirait quelle est la teneur de son juste châtiment.
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Mer 18 Jan - 15:56

- Vieux dragon, votre discours nous a touché dans notre infinie empathie. Puisse votre âme tourmentée trouver de quoi étancher sa soif de compréhension en ce monde impitoyable, puissiez-vous trouver la paix et l'harmonie dans ce corps qui vous a été offert. Il y aura toujours un moyen d'honorer cette âme qui s'est donnée. Pour sa mémoire, utilisez cette enveloppe charnelle avec le plus grand soin, et pour les plus hauts mérites...
Vous avez la bénédiction des Dieux, mon brave. Que votre route soit longue et votre gloire abondante.

Sur ces mots, les deux lourds battants de métal pivotèrent, révélant la lumière éblouissante de l'Angardia au nouvel arrivant.
L'élémentaliste baignait dans cet aura éclatant, cette nouvelle chance resplendissante qui enveloppait son âme meurtrie.
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Nerenwë
Adoubé
Adoubé
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 4:03

Elle était là, invisible ou presque. Invisible à son propre regard azuré, tout du moins, assez pour que son pas rapide se fut transformé en marche lente vers l'immense portail. S'il lui eut été possible de faire demi-tour, sans doute l'aurait-elle fait sans demander son reste, et pourtant... Pourtant, ils étaient déjà là, êtres de ses cauchemars, Dieux de ce second monde dressé devant sa frêle silhouette. Tremblante, Nerenwë stoppa net ses pas pour mieux s'agenouiller face à ces forces supérieures, bien qu'encore masquées par les ténèbres, le visage baissé en signe de soumission alors qu'elle écoutait silencieusement la requête divine. A moins qu'elle ne fut que menace habilement tournée pour faire renoncer les âmes les plus faibles ? Nul n'aurait sut le dire, ou tout du moins se targuer de comprendre ce que désiraient les Maîtres de ce monde. La semi-elfe, en tout cas, ne se serait pas permise.

▬ On me nomme, depuis aussi longtemps que je m'en souvienne, Nerenwë. Plus qu'une appellation, un titre ou un quelconque jeu du hasard, j'ai toujours considéré ce nom comme un cadeau, comme une preuve même de l'utilité de l'existence. De mon existence, pour être exacte. »

Un fin sourire vint jouer sur les doux traits de la demoiselle, la poussant d'un bref acte de courage à relever les pigmentations argentées de ses yeux pour mieux les poser à l'orée de la verdure qui l'entourait, dans ces ténèbres qui tout en se voulant menaçantes devenaient pourtant familières. Simple signe d'une innocence pas encore si perdue que cela, de l'acte d'un remerciement tardif du bout de ses lèvres pulpeuses.

▬ J'ai été recueillie, encore enfant, par un vieux sage du clan elfique des Ilanat'thel, et c'est lui qui me l'a offert. Cela, et bien plus encore. Si il ne pouvait me faire porter son nom, et encore moins me permettre les rites de passages elfiques de l'enfance à l'âge adulte, c'est tout de même une vie qu'il m'a accordé. Sans lui, j'en aurai encore été à errer dans les bois, voir à y mourir, sur la simple cause d'être à la fois des hommes que des faunes ou, plus communément à leurs yeux, de n'appartenir clairement à aucune de ces communautés. »

Nerveuse, Nerenwë se releva pourtant avec grâce, ne déplaçant les plis de sa robe que dans un soucis de confort plus que dans celui d'impressionner, puis passa le bout de ses doigts arachnéens dans la douceur soyeuse de sa chevelure de lune afin de tenter de se donner une certaine contenance. De loin, sa jeunesse lui donnait tout l'apanage de sa beauté, et il restait rare de découvrir pareille délicate fragilité là ou tout aurait put n'être que narcissisme et attentions enfantines, mais rien chez elle n'indiquait une quelconque tentative de charme. Il y avait, derrière ce visage bienveillant et ce corps gracile, plus de curiosité discrète et de maladresse latente que de malignité cachée. Et de fait, répondant à l'appel téméraire que réveillait en elle le bijou d'art face à elle, le petit éclat lunaire s'osa à quelques pas de plus afin de mieux tendre la main pour caresser avec sensualité les arabesques garnissant le portail.

▬ Par la force du Destin, j'ai été toute désignée pour devenir servante des Dieux, et je n'ai pas tardé, dès mon adolescence, à entrer dans un ordre elfique entièrement dédié à la Dame de l'astre nocturne et des eaux. Mystères et secrets, découvertes uniques, sérénité, espoir d'un renouveau et... Pourquoi pas ? Celui de découvrir qui j'étais réellement. Ce n'est qu'au bout de quelques années de dur labeur que j'ai pus être nommée au titre de Clerc après avoir acquis l'art ancestral de la guérison, ne me contentant pas uniquement des dons offerts par ma Déesse mais ayant également nourri mon esprit de connaissances autant sur les corps humanoïdes que sur les herbes qu'on pouvait trouver au-delà de mes régions. En cela, je remercie encore mon sauveur d'avoir toujours été d'un précieux concours lorsqu'il me venait la lubie soudaine de rencontrer des étrangers et de les inviter au sein de notre demeure afin d'en apprendre plus sur eux et leur savoir. Grâce à eux, j'ai rapidement appris que la langue pouvait faire autant de miracle que le silence, et je dois avouer que je n'ai aujourd'hui plus aucun mal ni gêne à m'exprimer, bien qu'estimant toujours que le silence reste le plus honnête des discours. »

D'une légère glissade sur la pointe des pieds, telle une danseuse aux portes de la nuit, la semi-elfe en retourna à sa douce contemplation des ténèbres, desquelles un visage, enfin, avait fait surface. Sans plus de malice, elle se contenta de lui sourire avec tendresse.

▬ Ceci dit, si mon esprit continue de s'élever à la recherche de limites que j'espère ne jamais trouver un jour, mon corps n'est pas aussi puissant. Je ne suis guère résistante, ni même forgée pour les armures. Porter une arme est, généralement, la dernière chose que je pense à faire, ce qui explique que je me dévoile à vous sans cadeau d'honneur à vous faire. Cette fragilité fut et sera encore, sans aucun doute, ma perte. Mes seuls talents sont de chercher la vérité et de m'occuper des gens qui m'entourent, sans soucis de discrimination ni même de camp. Je peux, si je le veux, maudire un ennemi, voir même rallier des morts-vivants à ma cause, mais ce ne sont pas là les choses que je préfère dans la voie qui est la mienne : Faire le mal n'est pas dans mes habitudes, et un corps sans esprit mérite de loin le repos plutôt que d'être pris pour une marionnette. Au contraire, la protection de mes alliés est plus dans mes cordes, et si une bénédiction ne revêt que rarement la même importance qu'une attaque bien placée aux yeux de bien des gens, j'ose penser qu'elle suffit parfois à éviter les pires ennuis. Cela dit, mon premier recourt a toujours été de faire preuve de diplomatie, n'en déplaise, et j'aimerai - sans doute sottement - pouvoir paraître humble en disant qu'il m'est facilement capable de juger d'une personne au premier regard et de trouver les mots justes à son encontre. »

Alors que sa voix s'élevait en murmures éthérés dans ce lieu de silence absolu, Nerenwë s'était approchée avec lenteur du Dieu dont la vue s'était offerte à elle. Pas de mouvements brusques, encore moins de mauvaises intentions, et c'est avec toute la candeur naïve des cœurs purs qu'elle leva un bras fin pour glisser la paume de sa main contre la joue de l'être divin.

▬ Mais de vous, j'ignore tout. Ce que vous êtes, ce que vous désirez, ce que vous pouvez penser et ce que vous allez dire. En cela, je suis déjà vôtre. »

TC : +7 Gourdin


Dernière édition par Nerenwë le Lun 30 Jan - 16:12, édité 1 fois
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La Destinée
Jeteuse des Dés
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 11:07

La Destinée, passant par là, entendit le doux chant de l'elfe, un chant emprunt de justice éclatante et d'empathie absolue. De tous les aventuriers venus implorer les dieux, le discours de Nerenwë s'était montré le plus désintéressé et le plus sage ; elle ne semblait pas chercher le moindre conflit mais désirait soigner les plaies des aventuriers. Les plaies ainsi que, probablement, leurs anciennes âmes blessées par l'orgueil dont ils avaient tous fait part. Lorsque la main de l'elfe, d'une douceur infinie, toucha le visage de métal de la divinité, cette dernière perçu alors le fond de son âme. Voyant alors la beauté exceptionnelle de cette dernière, voyant la vérité derrière ses paroles, une vérité qui revêtait beaucoup de modestie quant à son arrivée devant les portes de métal, elle ne pu s'empêcher de venir à la rencontre de la jeune femme. Sortant de l'ombre, la Destinée enleva le masque magique qui cachait son véritable visage puis regarda la jeune clerc.

-Ma chère enfant, tes paroles ont été entendues... Ton âme fut longtemps au service d'une divinité douce et juste, ce qui t'as permis de recevoir une enseignement sain. Le soucis de protéger les innocents et tes camarades en mettant ta vie en jeu me prouve que tu sois capable d'une grande générosité. Ton cœur est bon et à travers la diplomatie et les soins que tu apportes aux êtres vivants dans le besoin me font penser que la justice coule dans tes veines. Dans le monde que tu t'apprêtes à rejoindre, je suis la représentation de cette même justice.
Nerenwë... L'Angardia a besoin de toi... Diplomate par nature tu sais peser le pour et le contre avec perfection. Ne te soucie plus de ta fragilité, oublie tes faiblesses et fais de l'intelligence ton arme. A compter de ce jour, l'Esprit sera ta Protectrice et veillera sur toi.

La Destinée pris alors la main de l'elfe et la guida vers le portail. Une fois ce dernier ouvert par l'action conjointe d'une autre divinité, la jeune femme fut transporté de l'autre côté des lourdes portes de métal. Nerenwë se trouvait à présent sur les terres d'Angardia, bénie encore une fois par une divinité. Elle vit alors, dans sa main, une petite plume de métal bleu aux reflets émeraudes. Symbole de son appartenance à ce nouveau monde, cette broche était un puissant outil de prière.

Nouvelle âme: Nerenwë
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Le Tremblecrâne
Croqueur de Morts
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 11:09

Le Tremblecrâne, imperturbable, posa ses sombres obrites, creuses et à la fois remplies d'un vent glacé, sur la demoiselle. Sa cape intégrale, d'un vert sombre, flottait dans le vent. Il observait la scène et contempla cette nouvelle âme. Il disparut alors doucement, comme se fondant dans l'air, et son visage vint se former sur la porte métallique. L'énorme figure prononça alors :

- Vous êtes la bienvenue ici, Nerenwë. Puisse cette seconde vie vous apporter honneur, érudition et puissance.

Le Tremblecrâne regardait sa confrère La Destinée. La porte s'ouvrit doucement, dans un craquement métallique imperceptible, et le lieu sombre se vit percer par une lumière cristalline. La jeune prêtresse baignait dans son élément : l'illumination et la transparence. Emportée par ce flot pur et clair, elle fut soulevée du sol, et glissa doucement vers ce nouveau monde qui l'attendait. Les vertes collines de l'Angardia se dessinaient devant elle, tout était clair et indubitable : cette nouvelle vie avait déjà commencé, et elle se révélerait passionnante.




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Radnar
Écuyer
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 11:23

Sortant d'une torpeur brumeuse dont il ne savait ni la durée ni l'importance, Radnar eut juste le temps d'entendre les derniers échos des paroles prononcées par une demoiselle dont il ignorait jusqu'au présent l'existence. Suivant le son de la voix dans les couloirs encore flous à sa vision, il arriva devant un immense portail d'acier sculpté et rongé par la force d'âge et, semblait-il le passage d'innombrables êtres. C'était bien de ce côté qu'il avait entendu la voix mais personne était ici et la seule trace de vie était un leger parfum exotique et feminin qui résista un instant avant de disparaître dans l'air vicié. Il stoppa un instant dans sa démarche pour considérer le travail des artisans inconnu qui avaient su monter un édifice aussi impressionnant qu'ancien. Puis il s'approcha de pas mesurés. Soudain, une voix résonna dans tête, lui demandant de justifier son existence et d'expliquer pourquoi il méritait de passer par le portail qui barrait son chemin.


Clignant ses yeux verts et hochant lentement la tête aux cheveux noirs et épais pour la vider des dernières traces de brume et de confusion, il se dressa devant son interlocuteur invisible et prononça ces paroles:


"Sache tout d'abord que j'ai nul besoin de me justifier auprès de vous ni de personne. Si je joue ton jeu ce n'est pas parce que je te respecte et ce n'est certainement pas que je te crains. Si je le fais, c'est que je désire assouvir ma curiosité en poursuivant ce dialogue. Mais pour l'instant j'exauce ton désir...


Je me nomme Radnar, mais ce n'est pas un nom donné par mes parents lors de ma naissance. C'est un nom légué par ma maîtresse lorsque je suis devenu apprenti nécromancien, une tradition qui sert à nous protéger des certains effets néfastes de nos magies aussi bien de nos confrères et des éventuels culs-terreux ignorants qui nous chassent parfois de nos demeures par stupidité et superstition.


Pendant presque deux décennies j'ai appris, aux pieds de ma maîtresse, comment manipuler les énergies vitales des êtres vivants aussi bien que le néant qui réside dans les corps des défunts et les esprits errants. J'avais discuté avec des goules dans les cimetières perdues à l'œil de l'humanité et j'ai arraché des secrets des wraiths dans leurs sépulcres millénaires. Et pourquoi ai-je fais ça? Pourquoi avoir risqué ma vie en commandant aux mort-vivants et troquant avec la Mort elle-même? C'est comme je t'ai dit, par simple curiosité. J'ai nul désir du pouvoir ni de richesse ni même de gloire sauf dans la mesure où ces choses me permettront d'acquérir encore plus de connaissances. Je suis la voie de la nécromancie seulement parce que je vois en elle le meilleur moyen d'amasser les connaissances de toute époque.


Alors, cessons de jouer. Si je suis ici, devant toi et ce portail, c'est parce que je veux le savoir. J'ignore qui tu es, mais si tu es dieu ou démon mon périple pourrait t'amuser. Si tu es un autre mortel aux vastes pouvoirs il est possible que je trouverai des choses intéressantes à partager dans les terres derrière ce portail. Dans les deux cas, ou dans bien d'autres possibles, je te demande de débloquer ce chemin et de me laisser passer."

TC : +5 Gourdin
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Le Tremblecrâne
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 11:57

Le dieu sourit. Il est difficile de déterminer ce qu'il en coûte, pour une sombre divinité comme le Tremblecrâne, d'esquisser un sourire. Des craquements de joue qui se plissent après des années d'affaissement, un peu de chair qui tombe au sol, cela peut se résumer ainsi. Mais comme tout dieu, il ne ressentait nulle douleur. C'était juste étrange.
La personnalité du jeune homme lui rappelait sa propre existence, bien avant que les dieux majeurs ne lui confèrent ces pouvoirs sur les autres êtres humains. Son coeur et son âme, résidus de son enveloppe humaine desséchée, avaient été malaxés par les créateurs, et un peu de glaise et de magie avaient façonné le nécroman en un nouveau dieu, renaissant de son propre cadavre. Comme une consécration.
Ainsi, cette ironie de se revoir plus jeune l'avait fait "sourire" : c'était ainsi que l'on nommait ce plissement de joue face à l’absurdité de la vie. Cet homme était un miroir de son existence passée. Ainsi, il avait ressenti une sorte de lien. Ce n'était en rien de l'affection : le Tremblecrâne ne ressent nulle affection. Mais il désirait lui offrir sa chance.

- Pauvre humain. Ta Libido Sciendi m'a fait considérer ton sort, et les reflets de ton âme, désirant ardemment la connaissance, à tout prix, m'a fait osciller quant à deux clans. Ta soif d'apprendre te rapproche de ma confrère l'Esprit, mais cette soif ne saurait être étanchée par une bibliothèque entière. Cette envie démesurée, elle te dévore, elle te rapproche plus de mon obscurité. Ainsi, vieille âme, je te considère comme mien.
Sache que chaque dieu ne protège pas son fidèle : tu devras te débrouiller seul. Tu dois connaître la loi de la vie, je présume. Si un problème venait à survenir, nous sommes ici pour rétablir l'ordre des choses. Les seuls moment où nous pourrions avoir quelques contacts, ce sont les rêves que je pourrais te transmettre ou les questions que tu pourrais me poser. Mais nous, Dieux de ce monde, nous interdisons toute interaction sur nos fidèles. J'espère que tu es de taille à te débrouiller seul, et prends garde à cette soif de connaissance... Une indigestion est bien vite arrivée...

Le Dieu pensait à son sombre sort passé.

- Bienvenue dans le monde d'Angardia !

La porte s'ouvrit en grand, et absorba la nouvelle âme.

Nouvelle âme.
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Fael Rûne
Jeune recrue
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 14:15

Il n’y eut rien de plus que le son d’une chute sur le sol du nouveau monde, puis une vague de poussière s’éleva et laissa bientôt paraître un homme toussotant, à moitié recroquevillé sur lui-même. A côté de cet individu, un instrument à cordes reposait. Cet homme portait sur son visage les seuls traits de l’interrogation tandis qu’il tentait vainement de déterminer l’ombrage d’une telle hérésie. Mais où diantre pouvait-il bien se trouver ? L’œil obscurci, il chuchota pour lui-même.

- Serait-ce que l’on ma banni de mon Royaume ?

Un sourcil songeur sur sa face blême, il ramassa son instrument et se dirigea lentement vers l’étrange portail qui semblait être la seule issue possible, puis il poussa dessus à la force de ses deux mains. Une étrange sensation le fit reculer de deux pas, puis il en fit un troisième pour plus de sécurité. D’autant plus livide, il s’épongea le front de la manche de sa veste et tenta de reprendre un minimum de consistance. Le cœur battant à tout rompre, il jeta un regard furtif derrière lui.

- Ou serait-ce l’œuvre du malin ? D’un sorcier vicieux ?

Il promenait maintenant son regard de façon circulaire autour du paysage et se préparait mentalement à l’assaut imminent de l’ennemi. L’arme à la main, son souffle était brusque et ses mains moites. L’atmosphère commençant à s’appesantir, le voyageur désabusé s’élança dans un monologue mental qui lui permit de retrouver peu à peu un certain courage. Ses propres paroles lui étaient appaisantes. Mais cette pseudo-confiance s’évanouit instantanément à l’annonce de la voix ténébreuse. Il eut voulut s’échapper mais cette voix semblait lui parvenir de tout part. Que lui prenait-elle d’ailleurs à cette voix de le nommer « mécréant » et de lui parler de « venue » ? Ce n’était pas comme si il l’eut fait de son gré !

Enfin, comme s’évaporant soudainement, l’atmosphère se désobcurcit à la fin du discours. L’homme mit un temps avant de se mouvoir à nouveau. S’il avait eu à s’en justifier, il aurait très certainement dit que c’était pour plus de précaution, qu’il pressentait un piège, mais à dire vrai, il était encore paralysé par l’effroi de cette annonce. Il s’approcha une nouvelle fois du portail, cette fois presque à pas chassés, et rapprocha sa main du portail. La sensation était plus faible. Après un regard furtif autour de lui, il rapprocha son regard du portail et tenta d’en gratter la surface pour découvrir si à tout hasard ce put être une magique runique. Autant vous dire qu’il n’en était rien et que son entreprise fut vaine. Le regard encré sur le portail, il émit à demi-voix ce seul mot :


- Fael.

Puis il se retourna et chercha de son regard un interlocuteur. Il tonna cette fois ce nom en regardant au-dessus de lui.

- Fael ! C’est ainsi que l’on m’a nommé. Du reste, je ne suis qu’un roturier et je n’arrive vraiment pas à comprendre ce que je suis censé faire dans un endroit tel que celui-ci. Je n’ai d’ailleurs jamais visité de lieu semblable.

Il fronça les sourcils et présenta son instrument à cordes.

- Comme vous le voyez…du moins, si vous pouvez le voir, je suis barde de profession ! J’ai assez voyagé, j’ai appris certains rudiments magiques et à présent…

Il présenta de sa main le paysage et parla d’une voix plus basse.

- A présent je me retrouve encagé dans un étau dont j’aimerais simplement sortir.

Il s’assit en tailleur sur le sol terreux et joua une dizaine de notes sur son instrument. Une imposante sacoche apparut soudainement, dont l’homme en sortit un feuillet et se mit à y écrire quelques notes qu’il dicta.

- « Et, pour ainsi parler, je m’adresse au vide ! »

Après avoir noté quelques mots, il posa son écrit sur ses genoux et continua son discours.

- Rûne est la marque de mes préceptes et le surnom de mes anciens. C’est le symbole, ou le titre, qui édicte mes fonctions et me voit dans l’obligation de rédiger les chroniques du Monde. Ainsi, d’usage, je suis aussi cartographe, et de passion, je rédige des souvenirs.

Il se leva et frotta du plat de sa main son derrière poussiéreux. Il se rapprocha du portail et le frappa du plat de sa main, l’autre posée sur son ventre.

- Je pense avoir fait le tour de la question. Non point que ce me serait désagréable de vous faire la lecture de mon savoir, mais je commence à voir un petit creux.


TC : +7 Gourdin
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Le Tremblecrâne
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MessageSujet: Re: Le portail.   Dim 29 Jan - 14:45

Le Tremblecrâne regardait l'étrange personnage, interloqué.
Dans les ténèbres invisibles, il gratta les dents de son masque d'acier, comme pour réfléchir.
Cet homme n'avait pas l'air d'avoir conscience du lieu dans le quel il se trouvait ; son errance avait dû être brève pour qu'il remarque à peine son existence en tant qu'âme désincarnée, et sa mort avait sûrement été toute aussi soudaine.
Le Dieu ne voyait aucun inconvénient à la venue de cet homme, ainsi apparut-il face à lui.
Il flottait sur la brume qui recouvrait le sol, et se tenait devant la sombre porte.


- Jeune homme, ce monde est votre nouvelle vie. Oubliez votre passé, il est révolu. Vous êtes désormais Fael, barde de l'Angardia. Que votre voyage soit long et peuplé de péripéties haletantes.

Sur ces quelques mots, prononcés d'une voix froide et sans vie, il disparut à nouveau, très lentement, découvrant le portail qui s'ouvrit en laissant filtrer un rai de lumière éclatante. Le monde s'ouvrait au nouveau venu.

Nouvelle âme.
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Perkad
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 16 Fév - 10:00

Après avoir suivit un long, très long chemin fait de pierre, d'argent, d'eau et de plantes n'en finissant pas de grandir, la jeune femme semblait avoir trouvé le voyage interminable. Pourtant, elle n'avait cessé d'avancer, malgré ce froid et cette chaleur qui s'alternaient et fouettaient son corps sculpté de chair et de formes bien féminines mais athlétiques. Son organisme, pourtant, avant son long périple, avait lui aussi été meurtris, c'est d'ailleurs après avoir succombé à ces douleurs que ce nouveau monde lui fut ouvert. Elle avait entendu au loin des sifflements, seul son parvenant à ses oreilles pointues rappelant peut-être ceux des elfes dans un autre univers.

Au fur et à mesure qu'elle s'approchait, les sifflements se transformèrent en voix, dans une langue qu'elle semblait comprendre. L'air ambiant se faisait de plus en plus calme, l'agressant de moins en moins, il n'y avait plus de "trop chaud" ou de "trop froid", juste un entre-deux... Son esprit fit le rapprochement, voilà sans-doute où elle était : dans un "entre-deux-monde".

Une voix résonna dans sa tête ; une sorte d'écho émanant d'elle lorsqu'il était temps de reprendre ses esprits quand certains de ses rituels, après avoir absorbé certaines substances ou poisons, devaient prendre fin et que la réalité devait refaire surface dans son propre monde. Mais cette voix n'était pas la sienne, elle émanait d'on ne sût où, à la fois de cette immense mur de pierre aux signes étranges, et à la fois de cette sorte de lierre complétant ces arabesques et faisant partie intégrante de l'oeuvre.

Elle prit son courage à deux mains, essayant en réalité de se rappeler qui elle était, mais sa voix porta et répondit toute seule, comme si elle savait à qui elle s'adressait, ce qu'elle devait répondre, pourquoi elle était là, et peut-être même, inconsciemment, qui l'avait appelé derrière ces murs, ces voix qu'elle avait entendu durant tout le trajet. Elle avait semblait-il la même langue que la voix, avec tout de même un léger accent résonnant comme le chant d'une louve contre une émeraude.


-"Les dieux des forêts m'ont appelés en Angar afin d'à la fois les protéger et d'à la fois guider les mortels vers, ou hors de leurs terres. Je suis le souffle liant étroitement Geïa et Flöra, ce souffle que j'entends après m'être nourri des substances menant vers des mondes dépassant l'imaginable et même l'inimaginable, je suis la fille des ours, voguant dans les rêves par temps froid, et courant dans les plaines par temps chaud. Je suis Perkad !"

Comme la phrase d'avant finissait dans un murmure en écho, celle de la jeune éclaireuse-faune se finissait elle en revanche d'une manière étrange... Le chant traversant la pierre précieuse se métamorphosa tout à coup en rugissement d'ours affamé comme pour prouver sa présence, avant d'enfin se tapir dans l'ombre... Ou plutôt se rendormir... De son côté, Perkad sentit qu'elle se réveillait petit à petit, comme si quelque chose la tirait non pas vers les murs, mais vers... Le bas...
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Le Tremblecrâne
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MessageSujet: Re: Le portail.   Jeu 16 Fév - 10:11

Le Tremblecrâne apparut, se dessinant lentement devant la grise forme des grandes portes. Il prit une grande inspiration rauque, et relâcha son air comme une délivrance en prononçant ces mots :

- Jeune femme, j'espère que ton courage ne sera pas remis en doute, car je t'ouvre les portes vers les grande forêts de ce monde. Geïa et Flöra t'accueillent en leur sein, dans les bois sacré de Nerevan. Sois la bienvenue dans ce monde... Ne quitte pas la vie trop rapidement...

Un sourire tordit les lèvres du Dieu, et il disparut comme il était venu. Les portes s'ouvrirent alors lentement, dans un craquement, comme si elles se décollaient. Une ligne lumineuse se dessina devant les yeux de la faune, et elle fut aspirée en un instant vers le monde de l'Angardia.

Nouvelle âme.
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Nestua
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MessageSujet: Re: Le portail.   Ven 3 Mai - 18:08

Nestua s’approchât d’une démarche sûr, un grand sourire s’affichât sur son visage au moment où il entendit la voix ténébreuse, il répondit d’une voix sur :

-Salution a vous noble divinité, je suis Nestua, adepte de la lame dans le dos, bien des vies on été perdue par un mauvais coup dans la gorge ou autre point vitaux. Comme tout bon assassin, je suis discret et fatal quand vous vous retournez…

Il attendit un peut mais aucune réponse ne lui parvenait. Il continua alors son discours en bougeant de telle façons a se que l’on comprenne que son état mental était des plus critique.

-J’ai parcourut bien des endroits au point que plus rien ne m’étonne, je dois avouer que je commence à me lasser de se monde…C’est pour cela que j’ose apparaitre devant vous, voix mystérieuse !

Le fou s’agenouilla et attendit une réponse de la part de la voix mystérieuse…
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Le portail.

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